23/09/2011

Caporal Pierre Lefeuvre : au sacrifice de sa vie

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blog Auvelais © Bernard Janssens

Tamines – 15/08/2011 – Caporal Pierre Lefeuvre : au sacrifice de sa vie

 

La remise de la croix aux anciens combattants de Brain-sur-Vilaine (région de Redon)

Ainsi que l’avait recommandé le prédicateur à la cérémonie religieuse du matin, M. le docteur Patay déclare que si la haine ne doit pas trouver place au cœur de l’Ancien Combattant français, il n’en saurait être de même du souvenir. Et le sympathique président du Groupe départemental de l'U. N. C. de rappeler avec émotion le pèlerinage qu'il a fait, en août dernier, en Belgique et sur divers points de l’ancien front. L'auditoire est littéralement suspendu aux lèvres de l'orateur lorsqu'il fait le récit de l'héroïque conduite de l'ex-caporal Lefeuvre, de Bédée, qui, pendant deux heures défendit seul le passage de la Sambre, à Tamines.

Puis il recommande, lui aussi l'union, « une des choses que l'U. N. C. a le plus à cœur ». En toute circonstance, conclut-il, je vous demande de faire preuve de cette union que nous prêchons ! ».

 

L’Ouest-Eclair – Edition de Rennes – 8 octobre 1934

 

Bédée se situe en Bretagne à 20 km de Rennes

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22/09/2011

Caporal Pierre Lefeuvre : héros breton

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Tamines – 15/08/2011 – Caporal Pierre Lefeuvre : héros breton

 

Le 10ème corps et le 70ème R.I. à Tamines en 1914

M. Frédéric Masson contait récemment, d’après des documents recueillis en Belgique, les massacres de civils dont se sont rendus coupables les troupes allemandes pendant leur avance en août 1914. Les exécutions en masse qui ont été perpétrées à Tamines ont été particulièrement horribles et leur récit emprunte pour nous un intérêt spécial, en ce qu’il fait ressortir le rôle héroïque joué à cette époque par le 10ème corps et spécialement par le 70ème d’infanterie.

Tamines est occupé par des détachements du 70ème d’infanterie, qui fait partie du 10ème corps de la cinquième armée. Ce régiment qui a été recruté en Bretagne est composé de garçons braves, adroits et capables d’un effort individuel. Ainsi l’un d’eux le caporal Pierre Lefeuvre, qui a combattu la veille à Auvelais et à Arsimont, se poste à Tamines, sur la route de Falisolles, sur un escalier qui mène à la villa Herpin. Ayant vu ses camarades tomber près de lui l’un après l’autre, il prend leurs cartouches et continue seul le feu sur l’ennemi qui attaque. Dans le jardin Herpin, on a enterré cinquante-huit Allemands dont neuf officiers tués par le seul Pierre Lefeuvre, qui avait brûlé deux cent quarante-trois cartouches ; mais à un moment son fusil fut brisé entre ses mains et il tomba mort contre la maison.

Des tireurs de cette qualité font des trous dans les rangs de l’envahisseur et il faut croire que ce sont les pertes qu’ils ont subies dans les pays où les portait leur confiance dans l’audace de leur agression qui les exaspèrent. Deux fois dans la journée du vendredi 21 août, ils ont dû se retirer en vitesse ; pour ce venger, ils ont brûlé dix maisons, tué une petite fille de huit ans, blessé un homme et une jeune fille. Le samedi 22, nouvel échec : de leur attaque manquée au-delà de la Sambre, ils emplissent de cadavres dix-sept camions automobiles. Mais ils sont trop. Sur la route de Falisolle, le 10ème corps français est contraint de reculer. Ils sont les maîtres de Tamines.

Ils expulsent de leurs maisons tous les civils et les enferment (?), au nombre de douze à quinze cents, dans l’église des Alloux, au centre du village, et dans les écoles voisines. A 7 heures du soir, les hommes et le jeunes gens sont amenés sur la place Saint-Martin et massés dans le fond, le long de la Sambre. Ils sont plus de cinq cents. Un officier leur annonce qu’ils vont être fusillés et aussitôt commande le feu. Les soldats tirent, rechargent, retirent, puis se précipitent la baïonnette en avant et ils lardent les vivants et les morts. Cent huit se sont précipités dans la Sambre où quarante se noient. Trois cents sont morts sur le coup ou succombent à leurs blessures ; quatre-vingt-quatre blessés se sont rétablis. Parmi les morts, il y a des enfants de treize ans et un vieillard de quatre-vingt-quatre ans.

Le 23 août, tout ce qui reste de vivant dans le village est rassemblé et, sous les baïonnettes, formé en un immense cortège qui est mis en marche vers le nord. La caravane, hommes, femmes, enfants, vieillards, se dirigent vers Velaines, à six kilomètres de la place Saint-Martin. Arrivés là, un officier crie : « Vous êtes libres, mais il vous est interdit, sous peine d’être fusillés, de rentrer à Tamines avant la fin de la guerre ». Et, près de deux cent quarante-deux maisons incendiées, les soldats allemands du 77ème régiment d’infanterie hanovrien, que commande le colonel von Rocquès, achèvent le pillage du misérable village.

Ainsi furent tués trois cent soixante-quatorze Belges, qui lèvent contre les assassins leurs mains innocentes.

 

L’Ouest-Eclair – Edition de Rennes – 27 janvier 1921

 

… à suivre

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21/09/2011

Caporal Pierre Lefeuvre : héros à Tamines

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Tamines – 15/08/2011 – Caporal Pierre Lefeuvre : héros à Tamines

Pierre Lefeuvre est né à Bédée le 21 février 1891 où ses parents étaient fermiers. Il y restera jusqu’à son incorporation dans l’armée. A la mobilisation générale,il partit avec son régiment, le 70° d’infanterie, parmi les premiers sur le front. Pierre Lefeuvre était un excellent tireur et chasseur. Nommé caporal en 1914, il reçut l’ordre, le 22 août 1914, de garder Tamines en Belgique qui lors de l’avancée allemande eut un sort un peu semblable à celui d’Oradour sur Glane en France en 1944. En effet, les troupes françaises aidées par la population belge avaient réalisé une défense si forte (à 10 contre 100) causant beaucoup de pertes humaines aux envahisseurs, que ceux-ci, entrant malgré tout dans la ville, se vengèrent affreusement.

Le caporal Lefeuvre avait reçu l’ordre de garder ce jour là un carrefour névralgique  avec ses hommes… Il sut les placer au mieux pour la défense, étant lui-même à l’endroit le plus exposé. Ils tinrent tête à la compagnie de soldats allemands qui tentait d’avancer. Avant de trouver la mort, il allait tuer cinquante-trois ennemis et faire un nombre considérable de blessés.

Lorsque plus tard Belges et Français retrouvèrent le corps du caporal Lefeuvre, celui-ci avait 243 douilles vides à ses cotés.

Un monument, élevé à sa mémoire, par les "Amitiés Françaises" de Tamines, a été inauguré le 29 juillet 1923. Reconstruit en août 1974 à l'initiative de la commune de Tamines à quelques mètres de l'emplacement initial. Ce monument qui a été, en partie, reconstruit avec les matériaux du précédent, porte l'inscription "C'est ici que le soldat Pierre Lefeuvre, du 70ème régiment d'infanterie, s'est héroïquement sacrifié. Hommage de reconnaissance et d'admiration aux glorieux soldats français tombés en août 1914".

Un autre monument a été érigé en 1934, à Bédée, ville natale du Caporal Pierre Lefeuvre, mort en décimant les troupes envahissant la Belgique.

La rue Pierre Lefeuvre a été dénommée le 27 octobre 1938. Cette rue transversale du nord au sud permet de partir de la rue Victor Rault à la hauteur de l’Ecole privée de Ste Bernadette pour joindre le boulevard Albert 1er à la hauteur du parking de la piscine.

 

Texte provenant du site http://www.echodeschamps.com/lefeuvre.htm

 

Bédée se situe en Bretagne à 20 km de Rennes

 

… à suivre

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